UN MÊME NIVEAU D’EXCELLENCE, MAIS PAS LA MÊME ENVERGURE !
Les trentièmes Jeux Olympiques de l’ère moderne débuteront, pour l’équitation, par le concours complet le 28 juillet prochain à Londres. L’occasion de comparer les épreuves d’équitation aux JO et aux Jeux Equestre Mondiaux, les deux événements phares de la planète sports équestres.
La première différence est de taille et concerne le nombre de disciplines en compétition. Aux Jeux Olympiques, seuls le concours complet, le saut d’obstacles et le dressage ont droit de cité, plus le dressage handisport, dont les épreuves se déroulent plus tard, lors des Jeux paralympiques (29 août -3 septembre).
Les Jeux Equestres Mondiaux rassemblent quant à eux, huit disciplines aux mêmes dates (outre les quatre citées précédemment, l’attelage, l’endurance, le reining et la voltige). Le nombre de chevaux et d’athlètes participants est donc beaucoup plus élevé. Les Jeux Olympiques de Londres recevront environ 250 cavaliers et autant de chevaux, alors qu’aux Jeux Equestres Mondiaux FEI Alltech ™ 2014 en Normandie, on attend 1000 équidés… Chaque meneur d’attelage venant déjà avec cinq chevaux !
Les critères de sélection des équipes et athlètes sont également très différents. Pour les JO, les équipes nationales se qualifient lors de Championnats continentaux ou mondiaux, selon le règlement du Comité International Olympique (CIO). Par exemple, en saut d’obstacles, les cinq premières nations au classement des Championnats du monde gagnent leur billet pour les JO suivants. Grâce à sa médaille d’argent lors des JEM de Lexington en 2010, la France s’est donc également qualifiée pour les Jeux de Londres. Notons que c’est bien le pays qui est sélectionné. Il n’est pas obligé d’aligner lors des JO la même équipe qui lui a permis d’obtenir sa qualification.
Pour les différents pays, ces « sésames » olympiques sont presque aussi importants que les médailles ! Ne pas participer aux JO est en effet une catastrophe pour les grandes nations équestres, dont la France fait partie. La non-qualification des Bleus pour les Jeux de Pékin en 2008 en saut d’obstacles avait été vécue comme un traumatisme.
Pour les Jeux Equestres Mondiaux, les critères de qualification sont déterminés par la Fédération Equestre Internationale et les Fédérations nationales. La FEI fixe les performances minimales qu’un sportif doit atteindre pour se qualifier. Il est fréquent que les fédérations nationales y ajoutent des critères encore plus drastiques, notamment dans les grandes nations équestres. Le nombre de pays participants est plus élevé aux Jeux Equestres Mondiaux qu’aux Jeux Olympiques.
Enfin, sur le plan du déroulement des épreuves sportives, on relève aussi des différences importantes entre Jeux Olympiques et Jeux Equestres Mondiaux. En concours complet, discipline qui marie trois tests, le dressage, le cross et le saut d’obstacles, les médailles olympiques individuelles et par équipes étaient autrefois attribuées après la dernière épreuve, le saut d’obstacles. Mais le CIO a estimé qu’il n’était pas normal de remettre deux sets de médailles – individuelles et par équipes- à l’issue d’un même effort. Lors des JO d’Atlanta en 1996, les épreuves individuelle et par équipes ont donc été scindées, mais la compétition y a perdu de sa saveur. Depuis, c’est une autre formule qui a cours aux JO : pour se départager, les couples les mieux classés en individuel doivent réaliser un second parcours de saut d’obstacles. Cette règle, très contestée, notamment parce qu’elle demande un effort supplémentaire aux chevaux, n’est pas en vigueur aux Jeux Equestres Mondiaux.
Enfin, les cavaliers disent qu’il est plus facile de devenir Champion olympique de saut d’obstacles que Champion du monde… Même si les deux relèvent d’un authentique exploit ! Lors de l’ultime épreuve de saut d’obstacles des Jeux Olympiques, la finale individuelle en deux manches, les scores de tous les cavaliers sont en effet remis à zéro. Le dernier cavalier qualifié pour cette finale peut donc en théorie monter tout en haut du podium !
Aux Jeux Equestres Mondiaux, les points des cavaliers, leurs fautes, s’additionnent au contraire au fil des épreuves et y compris durant la finale. A l’issue de ce dernier parcours, les quatre meilleurs cavaliers sont conviés à LA joute mythique dans le domaine des sports équestres : la finale tournante. Egalement appelée « finale à quatre », elle fera forcément un malheureux, celui qui restera au pied du podium ! Durant cette finale sous haute tension, chaque cavalier réalise quatre parcours, l’un avec son cheval et les trois autres en montant les chevaux de ses adversaires.
Ce n’est donc pas simplement la complicité d’un couple homme-cheval que l’on récompense, mais le talent d’un cavalier, sa capacité à s’adapter quasi-instantanément à des chevaux inconnus, et à les séduire. Un morceau de bravoure assurément, et le sommet de l’art équestre !
FEI Gold Medals ©FEI Kit Houghton
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